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Point Ephemere
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Paris
Monday, November 9 at 8 pm GMT+1
Concert Venue
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Description
Les auteur.ice.s-compositeur.ice.s Victoria Rose et Stone Filipczak sont liés par un pacte : une dévotion réciproque et un attachement profond à la musique de @. Dans leur vie en solo, Victoria travaille comme apicultrice tandis que Stone est programmeur informatique autodidacte. Mais lorsqu’ils unissent leurs forces, ils deviennent une entité artistique singulière, un véritable laboratoire de chansons avant-gardistes.
C’est sur le circuit des concerts organisés dans des maisons de la côte Est des États-Unis que leurs trajectoires se sont croisées. Tous deux évoluent depuis longtemps dans l’univers de la musique DIY (« Do It Yourself »), avec des parcours distincts nourris de concerts noise dans des sous-sols, des entrepôts et des espaces ouverts à tous les âges. Victoria a notamment publié plusieurs disques sous le nom de Brittle Brian, tandis que Stone s’est récemment produit sous le pseudonyme E.R. Visit.
Au fil du temps, les deux musiciens ont commencé à collaborer à distance et ont progressivement mis au point la formule @ : moitié chansons de Victoria, moitié chansons de Stone, chacun venant combler les espaces laissés par les compositions de l’autre. Sur leur nouvel album, Autosmile, premier disque publié chez le légendaire label indépendant 4AD, @ met ce processus unique au service d’une réinvention du folk psychédélique, transformé en une forme d’art résolument contemporaine. @ est une coalition, une équipe, un chat à deux têtes ; une collaboration qui, une fois encore, aboutit à des résultats fascinants et intemporels.
Les mystérieux canaux d’Internet ont permis aux chansons du premier album du groupe, Mind Palace Music, de toucher un public bien plus large que Victoria et Stone ne l’auraient jamais imaginé. Le succès organique de cet album tient presque du miracle, surtout compte tenu du caractère volontairement insaisissable et difficilement référençable de leur nom de scène. Avant ce premier disque, @ n’avait jamais donné de concert ni même chanté une harmonie ensemble dans la même pièce. Toutes les collaborations s’étaient déroulées à distance.
Au cours des années suivantes, le duo a appris à répéter comme un véritable groupe, à interpréter cette musique devant des publics de toutes tailles, à chanter côte à côte et à se faire rire sur scène avec des solos de guitare volontairement absurdes. Cette transformation en une redoutable formation live a profondément influencé la manière dont Autosmile a été arrangé : le groupe a privilégié des expérimentations plus facilement reproductibles sur scène et a largement réduit son recours aux artifices de production numérique qui caractérisaient ses précédents travaux.
Pendant l’enregistrement d’Autosmile, Stone s’est installé à Philadelphie, offrant au duo l’avantage inédit de vivre enfin dans la même ville. Pourtant, les deux artistes ont choisi de continuer à travailler séparément sur leurs chansons. Comme le dit l’adage : pourquoi changer une formule qui fonctionne ?
Plutôt que de réserver un studio, ils ont invité plusieurs amis proches à participer à l’album, enrichissant leur palette sonore déjà vaste avec du violoncelle, du violon et une batterie enregistrée en prise directe. Victoria a enregistré ses parties, comme toujours, à l’aide d’un microphone bon marché des années 1980 hérité de leur belle-mère, ancienne participante à des concours de polka. Faute de pied de micro, elle le pose régulièrement dans une tasse à café et enregistre depuis son canapé. Le dispositif préféré de Stone est tout aussi rudimentaire. Pourtant, de cette magie artisanale naissent des sonorités luxuriantes, complexes et parfois étonnamment sophistiquées.
Victoria et Stone sont avant tout des auteurs-compositeurs d’une remarquable précision. Leurs arrangements parfois baroques et leurs choix de production confèrent aux morceaux une qualité à la fois brute et virtuose. Cette inventivité, appliquée à des chansons capables de rivaliser avec les grands classiques du folk psychédélique, distingue @ de ses contemporains. Leur musique regarde simultanément vers le passé et vers l’avenir.
Le morceau d’ouverture, « Bird », débute dans une transe inquiétante portée par une guitare acoustique chromatique et des flûtes cinématographiques, avant de s’épanouir dans un refrain pop lumineux puis de retomber sur un couplet introspectif. Une certaine noirceur traverse l’ensemble d’Autosmile, mais @ demeure fondamentalement un projet ludique, où des élans progressifs inattendus se cachent derrière une écriture indie rock d’une grande finesse. Comme l’explique Victoria : « Aucun de nous n’a peur d’en faire trop musicalement. Ne pas craindre le drame ou l’humour permet souvent d’atteindre des moments d’une grande intensité émotionnelle. »
Sur le morceau-titre « Autosmile », une fresque de près de sept minutes, Victoria transforme poétiquement une rupture énigmatique en une réflexion teintée de démonologie. Rien n’est laissé au hasard dans cette quête de résolution, à la fois personnelle et partagée. Quels que soient les sujets intimes abordés, le mystère demeure essentiel : Victoria et Stone ne se révèlent jamais le sens de leurs chansons respectives. Selon eux, « lorsqu’une chanson peut résonner avec plusieurs aspects de notre propre vie, elle devient plus facile à relier à celle de l’auditeur ».
Dans cette logique, les textes oscillent constamment entre l’adversité et la possibilité, explorant les mondes intérieurs et extérieurs avec curiosité et émerveillement. Le nostalgique et irrésistible « I Know You Are (But What Am I Thinking) » semble célébrer, avec malice, la beauté du changement et de la décomposition. Cette capacité à transformer une impulsion négative en quelque chose de lumineux s’exprime également sur « Punish My Mind », l’un des sommets du disque. Porté par des harmonies denses et des progressions d’accords sophistiquées, le morceau explore les instincts contradictoires qui poussent à se punir ou à se réconforter, avant d’aboutir à la vision d’un état de pure acceptation.
Tout au long d’Autosmile, Victoria et Stone maintiennent un équilibre délicat entre beauté et douleur, tout en s’imposant comme l’un des duos les plus aventureux de la scène musicale actuelle. Les onze chansons de l’album naviguent avec agilité entre la gravité d’un trou noir et la sérénité d’une compréhension patiente, sans jamais perdre leur sens de l’émerveillement. Face à l’obscurité, miraculeusement — et peut-être avec une pointe d’espièglerie — un Autosmile finit toujours par apparaître.
Présenté par POINT EPHEMERE.
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